Sex In America

Une recherche sur la sexualité des Nord-Américains

Les jouets sexuels ne sont utilisés que par 2 % de la population «Notre société nord-américaine véhicule un message sur la sexualité qui est loin d'être subtil. Quiconque va au cinéma, lit des magazines ou regarde la télévision a vu ce message. En substance, il dit ceci : presque tout le monde a une vie sexuelle fascinante et variée, sauf vous. Cette image ne reflète en rien la réalité.»Cette observation est celle d'un groupe de chercheurs de l'Université de Chicago, auteurs de Sex in America, une étude importante sur le comportement sexuel des Américains. D'après ces sociologues, l'image trompeuse véhiculée par les médias à propos de notre sexualité a des conséquences graves. Elle nous fait vivre de fausses attentes, ce qui affecte notre estime de soi, nos relations de couples et même notre santé physique.

Ces chercheurs ont donc voulu brosser un tableau rigoureux de nos comportements sexuels. Ils ont rencontré à cette fin un échantillonnage représentatif de 3432 personnes. Michel Campbell, sexologue et psychologue, a relevé pour nous quelques faits intéressants dans cette recherche.

D'abord, si vous êtes célibataire et peu actif sexuellement, sachez que vous n'êtes pas seuls : 23 % des hommes et 32 % des femmes célibataires qui ont répondu à l'enquête n'avaient pas eu de relations sexuelles au cours de la dernière année. Ce pourcentage atteint 45 % chez les femmes de plus de 40 ans. «Dans l'ensemble, c'est vrai que les gens font l'amour plus qu'avant, mais pas tant que ça», commente Michel Campbell.

Côté masturbation, un fait étonnant : les gens qui vivent en couple se masturbent davantage que les célibataires. 85% des hommes et 45% des femmes en couple se sont accordé ce plaisir solitaire au cours de la dernière année. Chez les célibataires, le pourcentage est de 60 % chez les hommes et 40 % chez les femmes. Ainsi, plus les gens se masturbent, plus ils font l'amour. «La masturbation semble donc stimuler le désir sexuel et il est faux de croire qu'elle est surtout une activité de célibataire», constate notre expert.

Une des nouvelles tendances qui se dessinent dans cette étude concerne le visionnement de films érotiques : 23 % des hommes et 11 % des femmes s'y sont adonnés au cours de la dernière année. «Les femmes se dégênent et se donnent le droit d'aimer ça», affirme Michel Campbell. «C'est un phénomène nouveau.» Par contre, les vibrateurs, godemichés et autres jouets sexuels ne sont utilisés que par 2 % de la population. Et là encore ce ne sont pas les gens seuls, mais ceux qui ont une vie sexuelle bien active qui ont recours à ce genre d'accessoires.

Qu'est-ce qui va moins bien sous nos draps maintenant? 
Eh bien chez les femmes, c'est du côté du désir que le bat blesse : 35% d'entre elles ont vécu un manque d'intérêt pour le sexe au cours de la dernière année. «Cela s'explique en grande partie par la surcharge de travail qui accable les femmes», d'après Michel Campbell. 
Chez les hommes, l'éjaculation précoce est toujours le problème numéro un et frappe deux fois plus souvent que la difficulté d'érection : plus d'un homme sur quatre, soit 28 % d'entre eux, n'arrive pas à retarder son plaisir. «Et pourtant, nous avons des traitements très efficaces pour leur apprendre à gérer leur excitation», précise notre sexologue.

Enfin, les chiffres concernant l'infidélité semblent élevés et ont de quoi troubler les insécures : 20% des femmes et 25% des hommes ont «sauté la clôture» sur une période d'un an. Par contre, vous serez rassurés en apprenant que les gens fidèles sont plus satisfaits sexuellement que ceux qui ont deux partenaires. «Comme quoi on traîne ses problèmes d'un partenaire à l'autre», d'expliquer Michel Campbell.

Quant à l'idée qui veut que les hommes pensent deux fois plus au sexe que les femmes, eh bien l'étude confirme que ce n'est pas un mythe. Au moins sur ce point, nos conceptions rejoignent la réalité. Par contre, saviez-vous que seulement 29 % des femmes ont un orgasme à chaque relation sexuelle? Rassurant, non?