Le Retour à la douceur

Dans le traité du Tao de l’Art d’aimer, écrit il y a deux mille ans, les médecins chinois, soucieux de la bonne santé physique et mentale de leurs patients, leur enseignaient le savoir-faire amoureux. 
Basé sur le contrôle de l’éjaculation et l’importance de l’orgasme féminin, ces techniques invitaient à une certaine modération de l’éjaculation au profit de plus de sensualité et de plaisir partagés.  

Le plaisir
En ce qui concerne le sexe, la culture orientale est très différente de la culture occidentale. Il y a deux mille ans, en Chine, les médecins taoïstes, estimant que pour être en bonne santé il fallait avoir une bonne sexualité, écrivaient des petits livres savamment illustrés sur l’art et la manière de prendre du plaisir et d’en donner. C’est sur ce second point surtout que nos conceptions diffèrent. Un point qui change tout. Masters et Johnson nous l’ont bien dit : l’orgasme masculin et l’éjaculation, ça fait deux. Or, le plus souvent, l’acte sexuel se résume à un acte mécanique ressemblant étrangement à celui de la masturbation, tenant peu compte de la femme, et, en devenant répétitif, il perd de son attrait. Pour les anciens Chinois, il était avant tout communion des sexes et vraie partie de plaisir. Les peintures de l’époque montrant les différentes positions adoptées par les couples en témoignent. Mais rassurons-nous, pas besoin d’être chinois pour bien faire l’amour. Avec un peu de sensibilité, d’attention pour l’autre et d’imagination, on peut aussi y arriver.

Un nécessaire contrôle
Selon les anciens Chinois et aussi selon les deux célèbres sexologues contemporains Masters et Johnson, c’est en contrôlant son éjaculation que l’homme peut donner plus de plaisir à la femme. D’abord parce qu’il pourra mieux satisfaire sa partenaire et suivre les cycles de son plaisir en renouvelant le coït plusieurs fois au cours du même rapport sexuel. Ensuite, parce que l’économie de sa semence lui permettra de rester en meilleure forme plus longtemps et de renouveler plus souvent l’acte sexuel. Ce contrôle de la situation se fait à deux. Quand l’homme sent qu’il va éjaculer, il avertit sa partenaire. Celle-ci n’a plus qu’à presser légèrement la couronne du pénis pour qu’il n’éprouve plus le besoin d’éjaculer. Position adéquate (supérieure, par exemple) obligatoire! Ainsi, le désir de poursuivre est attisé et le plaisir peut continuer. C’est tout bénéfice pour les deux.

Paradis des voluptés
À partir de la cinquantaine, voire de la quarantaine, cette économie de l’éjaculation est d’autant plus avantageuse qu’elle permet à l’homme de procurer plus souvent du plaisir à sa partenaire. Et de moins se fatiguer lui-même.
Donc de récupérer de l’énergie. Après une éjaculation, on le constate : fatigue et gros dodo. Quatre secondes de plaisir intense pour quatre heures de lassitude pour monsieur, et de frustration pour madame. Est-ce bien la meilleure solution? D’après Li Tong-Hsuan, médecin chinois du VIIe siècle, il n’est pas utile d’émettre sa semence plus de deux ou trois fois sur dix. Masters et Johnson le confirment. Cela permet, entre autres, de faire souvent l’amour même si l’on n’est pas en très bonne condition physique, en misant avant tout sur les caresses et la sensualité. Ce n’est que d’un commun accord que l’homme et la femme, s’ils optent pour cette façon de faire l’amour, pourront y arriver. Si une femme est persuadée que son partenaire ne peut jouir qu’au moment de l’éjaculation, elle fera tout pour que l’acte sexuel y aboutisse. Fellations insistantes et autre stimulations incessantes du pénis ne peuvent que conduire rapidement à l’éjaculation. En essayant de se mettre au diapason, l’un et l’autre apprennent ainsi à mieux communiquer. 

Un secret : caressez votre partenaire avec tout votre corps, et pas seulement avec vos doigts et votre bouche, en concentrant vos pensées sur lui.